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mardi 7 avril 2015

Comprendre le conflit au Yémen

Par Olivier Péguy | Avec AFP, LE POINT.FR


25/03 16:07 CET
Comprendre le conflit au Yémen
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Situé dans le sud de la péninsule arabique, le Yémen se trouve depuis plusieurs semaines au bord de la guerre civile. Cette crise s’inscrit dans une histoire mouvementée.

Histoire récente

Le pays a, pendant des siècles, été dirigé par un imam du courant religieux chiite zaïdite auquel se soumettaient les tribus.
- Ce système d’imamat perdure jusqu‘à la révolution républicaine de 1962. L’imam se retranche dans son fief de Saada, au nord-ouest du pays. Des militaires s’installent au pouvoir, le pays prend le nom de République arabe du Yémen (“Yémen du Nord”). Une guerre civile se déclenche et durera 8 ans.
- Dans le sud du territoire, anciennement sous domination britannique, se crée en 1967 la République populaire du Yémen du Sud (“Yémen du Sud”), d’orientation pro-soviétique, qui, devient en 1970 la République démocratique populaire du Yémen, avec Aden pour capitale.
- En 1990, la République démocratique populaire du Yémen et la République arabe du Yémen fusionnent pour former un seul État, la République du Yémen. Mais cela ne gomme pas les clivages entre les territoires. Ali Abdallah Saleh devient président de cet Etat. Il le restera jusqu’en 2012.
- Dans la foulée des révolutions arabes en 2011, le pays connaît des manifestations de rue qui aboutissent à la démission du président Saleh en 2012 et le début d’un processus de transition. Abd Rabbo Mansour Hadi devient président.
- En 2014, les zaïdistes, regroupés sous l’autorité d’Abdel Malek al-Houthi (d’où le nom de “Houthis”), dénoncent le plan de fédération proposé par le président, estimant que cela limite leur pouvoir. Ils réagissent en marchant sur la capitale Sanaa. Ils en prennent le contrôle en septembre 2014.
- En 2015, les membres de cette milice houthie étendent leur influence sur le pays, obligeant le président Mansour Hadi à fuir Sanaa et se réfugier à Aden.

Les groupes qui s’opposent

La crise actuelle illustre la profonde division entre les populations, une division attisée par l’antagonisme entre groupes militaro-religieux : “Ansaruallah” et “Al-Qaïda dans la péninsule arabique”
Ansarullah
Ce mouvement recrute ses membres dans la communauté zaïdite, une branche du chiisme qui représente un tiers de la population du Yémen.
Les zaïdites se regroupent autour d’un guide spirituel, Badr Eddine al-Houthi, tué en 2004. C’est alors son frère, Abdel Malek al-Houthi qui lui succède, perpétuant la lutte contre le pouvoir à Sanaa.
Ces miliciens houthis sont soupçonnés de vouloir renverser le président et rétablir le régime royal de l’imamat zaïdite aboli en 1962.
D’inspiration chiite, la milice houthie s’inspire du Hezbollah libanais et est soupçonné d’avoir le soutien de l’Iran.
Al-Qaïda dans la péninsule arabique
Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) est né de la fusion en janvier 2009 des branches saoudienne et yéménite de la mouvance “Al-Qaïda”. Aqpa est considéré comme l’un des groupes djihadistes les plus dangereux par les Etats-Unis.
Il est fortement présent dans le sud et le sud-est où il multiplie attentats anti-chiites, attaques contre les forces armées et enlèvements.
Aqpa a revendiqué l’attentat du 7 janvier qui a décimé la rédaction de l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo.


Des rivalités régionales

Les zaïdites, qui composent la milice houthie, sont de farouches adversaires des salafistes et des wahhabites, du nom de la doctrine rigoriste pratiquée en Arabie saoudite.
L’opposition idéologique et religieuse s’est traduite par des affrontements dans les années 2000. L’armée saoudienne a alors été mobilisée. En réaction, l’Iran a dépêché dans la zone des navires de guerre.
Aujourd’hui, Ryad voit d’un très mauvais œil l’avancée de la milice houthie au Yémen, redoutant l’installation d’un pouvoir d’inspiration chiite à sa frontière sud.
Les Houthis sont-ils vraiment soutenus et équipés par l’Iran ? Téhéran dément.
Les Américains soutiennent depuis des années le pouvoir yéménite dans la lutte contre les islamistes d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique. Ils mènent des opérations aériennes utilisant des drones. Mais face à l’avancée de la milice houthie, Washington a fermé son ambassade à Sanaa et fait évacuer ses troupes.
Face à cette instabilité, l’ONU a tenté d’initier un dialogue, qui est aujourd’hui au point mort. Les Nations-Unies ne peuvent que s’alarmer de la dégradation de la situation humanitaire.


Données chiffrées

Population: 24.4 millions d’habitants (2013)
PIB: 32.8 milliards € (2013)
PIB par habitant: 1257 €
Superficie: 527.968 km2
Espérance de vie: 63 ans
Sources: ONU, Banque mondiale

dimanche 3 août 2014

Nuit des étoiles : au fait, c'est quoi une étoile filante ?


La Voie lactée en Birmanie, en 2013. (YE AUNG THU / AFP) La Voie lactée en Birmanie, en 2013. (YE AUNG THU / AFP

L'approche finale de la sonde européenne Rosetta de la comète Churyumov-Gerasimenko sera ce week-end prochain le fil conducteur des Nuits des Etoiles. A partir de ce vendredi 1er août et jusqu'au dimanche 3, plus de 400 soirées d'observation sont organisées gratuitement pour les amateurs d'astronomie afin d'admirer ce qu'on appelle sommairement des "étoiles filantes".
La poésie rencontre la science lorsqu'on lève les yeux vers le ciel lorsque l'on aperçoit une traînée de feu dans le ciel, manifestation de la chute d'un objet se consumant dans l'atmosphère.
En théorie, l'objet en question peut être n'importe quoi, y compris un satellite hors d'usage ou un morceau de station spatiale. En revanche, ce que l'on nomme "pluies" d'étoiles filantes, périodes comme ce week-end durant lesquelles ces phénomènes spatiaux se produisent avec une fréquence importante, a une origine connue. Explications.

Météores, météorites, météoroïdes...

Pluie météoresLa Voie lactée en Birmanie, en 2013. (YE AUNG THU / AFP)
Le vocabulaire spatial et astronomique peut parfois prêter à confusion, aussi il est nécessaire de faire quelques petits rappels.
  • Astéroïde : le terme désigne des objets orbitant dans le système solaire, de taille variable mais beaucoup plus petits qu'une planète, bien que certains d'entre eux aient désormais le statut de planète naine, comme Cérès.
  • Comète : il s'agit d'un corps céleste généralement composé de poussières et de glace mais dont le noyau peut être solide, et dont l'orbite l'amène régulièrement près du soleil, déclenchant ainsi la fonte d'une partie de son enveloppe (la fameuse "queue"). Si dans le passé on distinguait les comètes des astéroïdes par leur composition, aujourd'hui la limite entre les deux est devenue plus floue au fur et à mesure que les observations deviennent plus détaillées.
  • Météore : c'est un autre nom donné aux étoiles filantes. Le terme désigne le phénomène lumineux observé, et non son origine.
  • Météoroïde : le terme désigne de petits morceaux de roc, provenant d'astéroïdes ou de comètes, qui vont entrer dans l'atmosphère terrestre pour s'y consumer, totalement ou en partie. C'est généralement la chute d'un météoroïde qui produit une étoile filante. On parle de bolide lorsque le météoroïde est assez gros pour que sa chute soit visible en plein jour.
  • Météorite : C'est ce qu'il reste d'un météoroïde lorsqu'il s'est écrasé sur Terre. Ces morceaux de roc ou de métal peuvent être de taille variable (la plus grosse découverte à ce jour pèse 60 tonnes).

Le "feu du ciel" a toujours intrigué les humains

Pour nos ancêtres, les étoiles filantes étaient un phénomène religieux, et ce que l'on pouvait en retirer (les météorites) avait un statut à part. C'est d'ailleurs une météorite qui aurait permis d'utiliser du fer pour la première fois : une étude de décembre 2013 publiée dans le "Journal of Archaeological Science" a analysé des perles ornementales trouvées dans une tombe égyptienne datant de 5200 ans et démontré qu'il s'agissait de fer provenant d'une météorite soigneusement travaillé, des millénaires avant l'âge du fer.
Beaucoup de légendes font mention de comètes ou de bolides, qui ont frappé l'imagination. On dit que la fameuse "étoile des mages" aurait pu être une comète, même si aujourd'hui c'est loin d'être l'hypothèse la plus largement retenue.
On dit aussi que l'Omphalos de Delphes, pierre qui représentait le "centre du monde" était ornée de bétyles, des morceaux de météorites devenues pierres sacrées. La fameuse tapisserie de Bayeux, qui relate l'épopée de Guillaume le Conquérant, comprend une représentation de la comète de Halley lors de son passage de 1066 : à l'époque, elle aurait été interprétée comme un présage divin.
EN IMAGES. Une pluie d'étoiles filantes dégringole sur la Terre

La traversée des nuages provoque la pluie
Une étoile filante par ci, par là... Il n'y a pas d'époque pour observer le spectacle. Les petits morceaux de matière céleste peuvent venir se consumer dans notre atmosphère à tout moment. Mais il est des périodes dans l'année où le phénomène est plus fréquent, jusqu'à une centaine par heure lors des pics les plus intenses.
Ces pluies d'étoiles filantes ont une origine connue. La Terre, dans son orbite autour du Soleil, traverse des régions de l'espace qui ont également vu le passage de comètes. Ces dernières ont laissé des "nuages" de matière derrière elles, et ce sont une partie de ces morceaux qui vont être attirés par la gravitation terrestre.
Comme la Terre passe par les mêmes points de l'espace à la même période tous les ans, ces essaims de météores ont une périodicité régulière.
EN IMAGES. Une pluie d'étoiles filantes dégringole sur la Terre

Orion, Lion, Persée et les autres...

Au fil de l'année, il y a de nombreux essaims d'étoiles filantes, mais l'on peut distinguer les principaux :
  • Les Quadrantides : elles semblent provenir de la constellation du Bouvier, non loin de la Grande Ourse. Leur origine serait un petit astéroïde numéroté (196256) 2003 EH1. On les observe durant les tout premiers jours de janvier.
  • Les Lyrides : comme leur nom l'indique, ils semblent provenir de la constellation de la Lyre. Ils sont dûs au passage de la comète C/1861 G1 "Thatcher". On les voit pendant la deuxième quinzaine d'avril. Il s'agit de l'essaim le plus ancien jamais enregistré : il est mentionné par des astronomes chinois en 687 avant notre ère.
  • Les Eta Aquarides : semblant provenir de la constellation du Verseau, ils sont en fait des résidus de la comète de Halley. On peut les voir de la fin avril à la mi-mai.
  • Les Perséïdes : la période d'activité de cet essaim est globalement du 20 juillet au 20 août. Elles proviennent des débris de la comète Swift-Tuttle, et se voient dans la direction de la constellation de Persée.
  • Les Orionides : observables dans la constellation d'Orion, elles proviennent également du passage de la comète de Halley. On les observe durant la deuxième quinzaine d'octobre.
  • Les Léonides : venant de la direction de la constellation du Lion, durant la troisième semaine de novembre, elles doivent leur origine à la comète Tempel-Tuttle. La périodicité de cet essaim est assez irrégulière. Un pic de son activité en 1833 a déclenché un grand intérêt pour ce phénomène spatial.
  • Les Géminides : visibles à la mi-décembre dans la direction de la constellation des Gémeaux, elles sont issues de l'astéroïde (3200) Phaéton. Avec les Quadrantides, c'est le seul essaim qui n'a pas pour origine des débris de comète.
  • Les Ursides : issues de la comète Tuttle, elles semblent provenir de la Petite Ourse. On peut les voir à partir de la mi-décembre et jusqu'à un peu après Noël.

vendredi 1 août 2014

Algérie : un tremblement de terre de 5,6 secoue la région d’Alger


L'épicentre du séisme se situe à une quinzaine de km au large du port d'Alger
L'épicentre du séisme se situe à une quinzaine de km au large du port d'Alger © Maxppp

Un séisme de magnitude 5,6 sur l’échelle de Richter a touché vendredi matin l’Algérie. L’épicentre se situe à 14 km au sud-est d’Alger, d’après l’Institut américain de veille géologique. Le séisme a fait une vingtaine de blessés mais pas de morts.

Les experts ont tendance à classer les séismes de moins de 6,2 sur l’échelle de Richter en « modéré », mais c’est bien une violente secousse que décrivent les Algériens sur Twitter ce vendredi matin.
D'après des témoignages sur place, de nombreux habitants se sont réfugiés dans la rue, craignant l'effondrement de bâtiments."Il n'y a aucun mort mais nous avons enregistré 20 blessés légers liés au mouvement de panique, 12 à Alger et huit à Boumerdes", à l'est de la capitale, d'après un responsable de la Protection civile algérienne. 
D’après l’Institut américain de veille géologique, l’épicentre se situe dans la banlieue d’Alger, à 11 km au nord de la ville de Bordj el Kiffan. De son côté, le centre algérien de recherches en astrophysique et géophysique (CRAAG) a recensé cinq légères répliques.
"Ce séisme entre dans l'activité normale de la sismicité de l'Algérie qui se trouve au centre de deux plaques majeures. L'Algérie enregistre une centaine de séismes par mois mais la plupart ne sont pas ressentis", analyse un chercheur du CRAAG.
La carte de l'épicentre d'après l'Institut américain de veille géologique
La carte de l'épicentre d'après l'Institut américain de veille géologique © USGS

jeudi 31 juillet 2014

Epidémie d'Ebola : la Sierra Leone décrète l'état d'urgence

La diffusion du virus Ebola
La Sierra Leone, un des trois pays en proie à une épidémie du virus Ebola, a décrété, jeudi 31 juillet, l'état d'urgence sanitaire face à l'épidémie la plus grave jamais recensée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). D'après les derniers chiffres publiés :
  • 1 323 cas de fièvre hémorragique ont été répertoriés depuis le début de l'épidémie en février, dont 909 confirmés comme étant dus au virus Ebola.
  • Parmi ces cas, 729 personnes sont mortes. La Guinée, avec 339 morts, est à ce jour le pays le plus touché. 233 malades sont morts en Sierra Leone et 156 au Liberia.

Le président sierra-léonais, Ernest Bai Koroma, a d'ailleurs annoncé l'annulation des voyages à l'étranger de ses ministres à l'exception des « engagements absolument essentiels », de toutes les réunions publiques sauf celles consacrées à la lutte contre l'épidémie, et le renvoi du Parlement.

Il a également annoncé la mobilisation des forces de sécurité pour isoler les foyers d'infection du virus mortel, mais aussi le placement en quarantaine des foyers d'Ebola, l'escorte des travailleurs sanitaires par les forces de sécurité et des perquisitions pour repérer les malades présumés.
DES MESURES PRISES DANS PLUSIEURS PAYS

Au Libera voisin, le gouvernement a décrété dès mercredi la fermeture des écoles et envisage, lui aussi, de placer en quarantaine les communautés les plus touchées par l'épidémie. Les fonctionnaires libériens dont l'activité n'est pas essentielle ont également été placés en congé pour trente jours dans le cadre de ce plan national contre la maladie.
Dans ces deux pays, la situation empire de jour en jour et dans le reste de l'Afrique de l'Ouest d'autres pays prennent des mesures d'urgence. La République démocratique du Congo, où le virus Ebola a été découvert pour la première fois, en 1976, a prévu un relèvement du seuil d'alerte sur l'ensemble du pays.
Le directeur des opérations de l'ONG Médecins sans frontières, Bart Janssens, a appelé à une plus grande réactivité de la part des autorités. Plusieurs dizaines de médecins ou infirmiers sont d'ailleurs morts de la maladie alors qu'ils soignaient des personnes atteintes. Ce fut notamment le cas de Sheik Umar Khan, le médecin chargé de diriger la lutte contre l'épidémie de fièvre en Sierra Leone, mort du virus mardi.
L'Ebola se caractérise notamment par de la fièvre et une faiblesse intense, suivies de vomissements, de diarrhées et, dans certains cas, d'hémorragies. Le virus se transmet par contact direct avec le sang, les liquides organiques ou des tissus de personnes ou d'animaux infectés.